Alors que la Belgique a longtemps cru mettre fin à une malédiction qui dure depuis plus de 40 ans, en s'imposant pour la première fois face à l'équipe de France en compétition officielle depuis 1981, les Diables Rouges en ont pris quatre dans le dernier quart d'heure. Les entrants français ont renversé la table, et la presse belge ne s'en remet toujours pas.
La RTBF (Radio-Télévision belge de la Communauté francophone) fait un constat très ludice, au lendemain de la large défaite de la Belgique face à l'équipe de France (4-1 ; analyse et notes). Les Diables Rouges, menant 1-0 jusqu'à la 77ème minute, ont été "emportés par une tornade. En l’espace de 14 minutes, les trois remplaçants Doué, Cherki et Olise ont complètement renversé la partie, offrant une 7e victoire consécutive aux Bleus face à la Belgique". Une défaite tardive, inattendue, et un scénario qui reste encore en travers de la gorge chez le voisin, comme le montrent plusieurs titres de presse du côté du plat-pays, ce mardi matin. "Une énorme claque", s'étonne RTL.be.
Pourtant, tout avait bien débuté pour les Belges, au Stade de France. Face à des Bleus timorés offensivement, à l'image d'un Ousmane Dembélé brouillon, et manquant de certitudes défensives, Dodi Lukebakio a su en profiter à la 35ème minute, bien lancé par Roméo Lavia. Par la suite, les hommes de Mark van Bommel ont tenu le choc, du moins jusqu'à l'heure de jeu. Car ensuite, "la défense est passée du rêve au cauchemar, mais que s'est-il passé pour que les Diables rouges s'écroulent après avoir été aussi solides ?", se questionne La Dernière Heure, qui ajoute que "durant 75 minutes, la défense belge avait des airs de Tour Eiffel". "Un trou noir", ensuite, résumé-t-elle. "Maintes et maintes fois, la France a donné de l'espoir aux Diables Rouges. De faux espoirs, malheureusement car soudain, la lumière s'est éteinte inexorablement à Paris", regrette HLN.
"La lumière ne devrait jamais s'éteindre aussi brutalement"
Trois hommes, côté français, ont illuminé la fin de partie pour permettre aux Bleus de finir cette trêve internationale sur une note plus que positive : Rayan Cherki, Désiré Doué et Michael Olise. Les trois n'étaient pourtant pas titulaires au coup d'envoi. Alors au moment de voir entrer ces trois génies de l'attaque, les Belges ont sans doute compris que le plus dur allait arriver. "Avant même que les Diables Rouges ne réalisent ce qui leur arrivait, le score affichait 4-1. L'offensive française a soudain surgi de toutes parts : par la droite, par la gauche, dans l'axe... Le château de cartes belge s'est totalement effondré, constate HLN (...) La lumière ne devrait jamais s'éteindre aussi brutalement. 'Monsieur Zinédine Zidane' a une fois de plus maîtrisé le ballon. Quel bonheur cela doit être de disposer d'autant de talent". Mais ce que l'on retiendra davantage, du côté de la Belgique, c'est la série noire de résultats en compétition officielle qui se poursuit chez le voisin. Depuis 1981, les Diables Rouges ne se sont pas imposés face aux Bleus, hors matches amicaux. Depuis 46 ans, la malédiction se poursuit, alors qu'elle a failli prendre fin, à un quart d'heure près. "La France continue de s'ériger comme la bête noire des Diables rouges", indique Le Soir.