Malgré une situation de crise exceptionnelle, loin d'épargner les clubs professionnels français, la DNCG se dit prête à accentuer son exigence vis-à-vis des budgets qui lui seront présentés pour la saison prochaine. Et à sanctionner, s'il le faut...
Les dirigeants de clubs français ne trouveront pas une épaule pour pleurer au sein de la DNCG. Même s'ils font face à de gros problèmes financiers, engendrés par la crise du covid-19 et l'arrêt des compétitions, ils ne doivent pas s'attendre à la moindre clémence de la part de la direction nationale de contrôle de gestion. Pire, elle leur a même lancé un sérieux avertissement vis-à-vis de la construction de leurs budgets pour la saison prochaine.
Dans une lettre adressée aux clubs, le gendarme financier de la LFP appelle "à une extrême prudence" face à l'augmentation des droits TV, qui pourrait pousser certaines équipes à rallonger leur train de vie avec des salaires ou des transferts trop importants. "La commission (...) s'assurera que les clubs disposent de la trésorerie nécessaire pour couvrir leur budget et les risques identifiés, et que le budget pour 2020-2021 présente un équilibre d'exploitation hors transferts", peut-on lire dans ce courrier, relayé en partie par L'Equipe.
En résumé, la DNCG souhaite que les clubs français arrêtent de construire leurs modèles économiques sur le trading de joueurs, une stratégie adoptée par une grande majorité et ce depuis des années ! Il est aussi question de l'inflation des salaires quand la DNCG prévient que tout club qui rehausserait sa masse salariale en vue de la saison prochaine "devra démontrer qu'il dispose des fonds propres nécessaires à la couverture des risques identifiés par la commission", sous peine de s'exposer "à un risque de mesure".
Les présidents n'ont pas apprécié
L'envoi de cette missive menaçante est visiblement motivé par la situation actuelle des clubs français, dont la crise a affiché l'incapacité à surmonter financièrement la perte des droits TV (Canal+ et BeIN Sports ont refusé de régler leurs deux derniers versements dans leur intégralité) et le manque à gagner qui s'annonce sur le marché des transferts. Si elle semble légitime sur le fond, elle irrite sur la forme. "Plus que tout, c'est le ton du courrier et le timing qui ne conviennent pas", peste un président de club dans L'Equipe. "On est dans la m... jusqu'au cou et on reçoit un mail nous disant : 'si tu ne fais pas cela tu seras sanctionné'".
Pour l'exercice 2018-2019, les clubs de Ligue 1 avaient affiché une balance positive de plus de 278 millions d'euros sur les transferts (vers l'étranger et la L2). S'asseoir sur un tel montant pour assurer l'équilibre de leurs budgets prévisionnels représenterait pour certains une difficulté insurmontable. En l'état actuel des choses, si ces menaces étaient mises à exécution, 80% des clubs seraient sanctionnés. Suite à ce courrier, des échanges auraient eu lieu entre Jean-Marc Mickeler, le président de la DNCG, et les membres des deux syndicats de clubs professionnels (Première Ligue et UCPF), afin de tenter d'aplanir les débats. Au-delà de ces discussions, il s'agira de faire des concessions, d'un côté ou de l'autre.