Comme d'autres présidents de L1, Gérard Lopez tente de défendre la position de son club et propose l'idée de simuler les derniers matchs de la saison pour déterminer le classement final. Les options actuellement envisagées par la LFP, qui feraient toutes terminer le LOSC au pied du podium, ne lui plaisent guère.
Le football français, mais chacun continue de prêcher pour sa paroisse. Alors que l'arrêt définitif de la saison 2019-20 de Ligue 1, prédit hier par le Premier Ministre Edouard Philippe, doit bientôt être acté par la LFP, les avis divergent sur la définition du classement final. Et ils sont évidemment orientés par les intérêts de chaque club. Pour l'heure, c'est surtout en haut du tableau que le débat a été entamé. Si les représentants du PSG, de l'OM et de Rennes, qui occupent les trois premières places dans tous les cas de figure envisagés, se font encore discrets sur la question, ceux de l'OL et du LOSC s'en sont emparés. Jean-Michel Aulas, qui ne semble pas pouvoir espérer mieux qu'une place en Ligue Europa pour son club, a émis l'idée d'instaurer des play-offs pour déterminer les clubs qualifiés en coupes d'Europe.
"Au cours des dix dernières années près de 40% des clubs qui n'étaient pas en situation soit de descendre, soit de se qualifier en Coupe d'Europe pouvaient l'être à la fin de la 38ème, ce sont les statistiques qui parlent", a justifié JMA. C'est un peu dans le même sens que vont les revendications de son homologue lillois Gérard Lopez. "Au cours des dix dernières années, le top 5 a régulièrement été modifié lors dix dernières journées de Championnat. Nous avons étudié la question : 71 % des équipes ont changé de place dans les dix dernières journées, depuis dix ans", révèle-t-il dans une interview à L'Equipe.
Les différentes hypothèses envisagées au sommet du foot français (gel du classement après la 19e journée, après la 27e journée, après la 28e journée avec ou sans ratio de points pris par match) ont toutes la même conséquence pour le LOSC : une 4e place finale synonyme de qualification directe en Ligue Europa. "Ce n'était pas notre intention et je peux vous dire que, sur le terrain, on était partis pour se qualifier en Ligue des champions. J'en ai la certitude", estime Lopez. "Notre dynamique était excellente (six victoires sur les sept derniers matches de L1) et, à ce titre, je considère le gel de la saison contraire à l'éthique, comme la saison blanche pour d'autres."
Gérard Lopez s'estime lésé par un gel du classement
Le président nordiste énumère plusieurs problèmes posés par le gel du classement. "Il ne tient pas assez compte de qui a joué contre qui, à domicile ou à l'extérieur, et à quel moment de la saison. Par exemple : le Paris SG a pris plus de 2,5 points par match cette saison ; nous, le LOSC, avons joué deux fois contre Paris cette saison (deux défaites), alors que Rennes, qui nous distance d'un point en Championnat, ne l'a joué qu'une fois. Est-ce équitable ?", interroge-t-il. "Est-il équitable qu'une équipe comme la nôtre soit jugée aux deux tiers sur sa phase aller, alors qu'on le sait bien, les équipes qui jouent la Ligue des champions, comme cela a été notre cas, sont beaucoup plus en difficulté en Championnat sur la phase aller en raison de la surcharge du calendrier, que sur la phase retour", poursuit Lopez. "Et puis il y a le nombre de matches joués à l'extérieur et à domicile, il faut un équilibre pour avoir un compte équitable." Lopez émet enfin une autre solution, "plus scientifique", pour déterminer le classement final. "On peut imaginer un modèle de calcul, plus scientifique, dans lequel on simulerait les résultats des dix dernières journées, selon les points pris à domicile ou à l'extérieur, pour obtenir un classement sur 38 journées." Il va falloir sortir les calculettes.