Le Groupama Stadium a été le lieu malheureux de deux agressions racistes lors de la réception de Le Havre samedi dernier.
La réception du Havre samedi soir à Lyon a tourné au cauchemar. Avant et après la rencontre, deux agressions à caractère raciste ont eu lieu autour du Groupama Stadium. Vers les coups de 20h00, un lycéen de 17 ans, qui sortait d'un foot en salle et qui a traversé le parvis de l'enceinte lyonnaise, a reçu de nombreux coups par plusieurs personnes et a été transporté à l'hôpital. Au final, l'adolescent a hérité de 30 jours d'ITT.
Après le match nul contre Le Havre, une autre agression a eu lieu et le déroulé est plus clair puisque les caméras de vidéosurveillance ont filmé. Autour de minuit, Meriem Bouchedda, conseillère municipale dans le Rhône, et son conjoint, prestataire pour le club, se dirigent vers un parking pour récupérer leur voiture.
"Il va mourir, il va mourir, je vous en supplie, lâchez-le"
L'élue raconte : "Sur le chemin, on a croisé cinq-six personnes, alcoolisées, qui nous ont regardés et lancé : "Sales bougnoules". Ce n'est pas la première fois que cela nous arrive au stade. Mon conjoint a déjà été pris à partie contre Besiktas (en octobre 2024) et sauvé in extremis par des CRS". Son conjoint a ignoré la première insulte, puis a demandé à répéter avant d'être attaqué. "Il n'a pas eu le temps de parler qu'il a été saisi par la nuque, roué de coups et amené au sol". Elle raconte ensuite l'agression dans les colonnes de L'Equipe. "J'ai tout lâché pour m'interposer mais un deuxième s'occupait de moi, décrit-elle, pendant que les autres mettaient des coups de pied et de poing par-ci par-là, buvaient, se moquaient et s'amusaient comme si c'était un jouet".
Meriem Bouchedda explique alors avoir "crié en continu" pour demander de l'aide. Elle voit arriver plusieurs sympathisants des Bad Gones. "Ils demandent ce qu'il se passe à un des agresseurs, qui répond : "T'inquiète, c'est mon pote, il a voulu faire le zeub cet arabe de merde, il mérite". Personne n'a décidé d'agir. L'agression s'est terminée parce que je voyais l'agresseur étrangler mon conjoint, qui ne pouvait plus parler et tapait avec sa main pour dire stop. J'ai hurlé : "Il va mourir, il va mourir, je vous en supplie, lâchez-le". Et ils ont arrêté."
Libéré des agresseurs, le couple retourne à l'intérieur du stade pour appeler la police et les pompiers. Le bilan médical est lourd : fracture du poignet droit pour Meriem Bouchedda, hématomes sur tout le corps poru son conjoint et 15 jours d'ITT chacun. Un dépôt de plainte a été effectué.
L'Equipe a apporté le retour du parquet de Lyon : "Des enquêtes pénales ont été ouvertes du chef de violences aggravées suivies d'ITT supérieure à 8 jours". "Les investigations, confiées à la DIPN (Direction interdépartementale de la police nationale), sont en cours pour déterminer les circonstances et mobiles de ces violences et en identifier les auteurs". Des vidéos ont été fournies, notamment pour identifier s'il s'agit du même groupe pour les deux agressions. "Ce qui est certain, glisse une source proche du dossier, c'est qu'on a une continuité des mêmes problèmes" a fait savoir une source proche du dossier.