Les "Atypik Lyonnais", ce nouveau groupe de supporters qui s'oppose aux historiques Bad Gones et Lyon 1950, veut s'installer et faire dégoupiller, sur fonds de violence et de politique, les Ultras "traditionnels". Interdits de stade et refusant de décliner les identités de leurs membres, ils sèment la panique dans Lyon, où deux agressions et intimidations d'individus encartés au Nord et au Sud ont été recensées ces derniers mois.
Le 29 août dernier, quasiment dans le même temps que l'agression de l'élue Meriem Bouchedda et son mari, un jeune homme est laissé à terre devant le Groupama Stadium. Une bagarre a éclaté quelques minutes plus tôt. Elle oppose une trentaine de supporters qualifiés de "traditionnels" aux Atypik Lyonnais, un nouveau groupe qui se revendique être les nouveaux "69 Pirates". Ces derniers avaient fait parler d'eux en 2024, lorsqu'un de leurs membres avait reçu un coup de couteau au cours d'une bagarre en tribunes. Mais pourquoi la guerre est-elle de nouveau déclarée entre ces "Atypik" ou ex "69 Pirates" et les groupes historiques ? La colère et l'incompréhension des premiers vient déjà d'une règle essentielle qu'ils ne veulent pas respecter et qui les oblige à rester à l'extérieur du stade pour chaque rencontre. Ils refusent de décliner les identités de leurs membres, condition sine qua non du réglement intérieur pour pénétrer dans l'enceinte décinoise en tant que groupe et se faire une place dans les travées.
"Ils cherchent à faire dégoupiller les supporters installés depuis de nombreuses années, à leurs yeux tous extrémistes aux relents nazis"
Mais la réalité qui prend le dessus n'est pas liée à ce conflit pour des sièges. Elle est alimentée par des différends politiques. Les affrontements violents entre "Atypik" et supporters des Bad Gones et des Lyon 1950 n'y échappent donc pas. "Ils cherchent à faire dégoupiller les supporters installés depuis de nombreuses années, à leurs yeux tous extrémistes aux relents nazis, afin que le ministère prononce leur dissolution", explique une source policière dans une enquête réalisée par RMC Sport. Des conflits alimentés parfois directement par les différents partis, entre groupes "extrêmedroitisés" et déjà jugés par la justice pour des faits de racisme et ceux dont les contenus sur les réseaux sociaux sont souvent repris et commentés par les élus de La France Insoumise. La tension monte, et tout dérape.
Pas seulement à Décines, mais aussi en plein coeur de Lyon. Au soir de la dernière fête de la musique, Un individu encarté Lyon 1950 est violemment agressé par huit individus qui lui tombent dessus. Le diagnostic : une triple fracture de la cheville et cinq dents cassées. Un autre supporter, des Bad Gones cette fois, sera intimidé par un groupe de cinq personnes devant son domicile à un retour de match. Les Atypik Lyonnais seraient à l'origine de ces faits. Aujourd'hui, une rumeur évoque une auto-dissolution du groupe, en raison de son interdiction d'accès au stade. Mais rien n'a été confirmé par les "leaders", et les tribunes lyonnaises continuent d'attiser la crainte des supporters, de plus en plus nombreux à être confrontés à ces scènes de violences en sorties de stade.